L’art du câlin

Cet article est une contribution au laboratoire d’idées « Vers un monde meilleur ». Ses membres publient une fois par mois un article sur un thème commun. Ce mois-ci, le thème est « Communiquer sans parler », proposé par Blandine du blog familles connectées et son article : Somatisations, ce que les maladies de nos enfants nous révèlent.


Les manifestations d’affection, d’amour et de joie ne sont pas seulement de délicieux moments qui égaient notre vie : les câlins sont indispensables à notre bien-être physique et à notre équilibre affectif : ils augmentent la sécrétion d’ocytocine, rendent heureux, donnent confiance en soi, apaisent les tensions, dissipent la solitude, facilitent l’endormissement, ralentissent le vieillissement, etc. Alors, pourquoi s’en priver ?

Une spécialité

Certains médecins ou professionnel·les de santé se forment spécialement à l’art du toucher. Des puéricultrices sont tout spécialement formées pour câliner les bébés, particulièrement les bébés prématurés, pour rattraper leur retard de croissance. La méthode Kangourou, expérimentée dans certains hôpitaux dès la fin des années 70 renforce la relation mère enfant. Les papas ne sont pas laissés de côté pour autant et, dans les moments où ils ne câlinent pas leur enfant, ils peuvent se spécialiser dans le câlinage de la maman.

Prévenir les crises

Le câlin (comme le jeu !) est un excellent moyen de prévenir les crises, comme un traitement de fond. Un câlin est encore plus efficace quand il dure au moins 20 secondes. Kathleen Keating, dans Le petit livre des gros câlins prescrit par personne et par jour :

pour survivre : 4 câlins

pour se maintenir en forme : 8 câlins

pour se sentir vraiment heureux : 12 câlins

Certain·es peuvent se sentir gêné·es à l’idée d’offrir ou de recevoir un câlin. Parfois, quand une distance trop importante s’est installée, ou que les circonstances ne permettent pas un câlin trop démonstratif, il est possible de juste toucher une partie du corps : côte à côte sur le canapé, par exemple. Quelle joie quand un·e de mes enfants (même grand·e !) vient nicher sa main dans la mienne en marchant : c’est un moyen simple de reprendre contact ou de se ressourcer avant de repartir. Le massage peut être considéré comme une forme de câlin, même avec une balle de massage ou un masseur de tête.

Gérer les crises

Lorsque une personne (adulte ou enfant) est en crise, elle a d’abord besoin de se sentir accueillie et aimée. Plus nous nous énervons, plus son stress augmente, et plus le stress général augmente. Tant que notre cerveau à nous est encore suffisamment connecté, nous pouvons  proposer un câlin sincère et bienveillant : plus nous serons  en empathie avec elle, plus le retour au calme sera rapide. Ça me fait comme un petit choc quand je suis en train de râler et que ma fille de demande : « Tu veux un câlin Maman ? ». Cela m’aide quasi instantanément à retrouver mon calme : « Non, je veux juste que tu… Euh, si finalement. Merci de me le proposer. »  Cela est d’autant plus vrai qu’un·e enfant, particulièrement avant 5 ou 6 ans, n’a pas un cerveau suffisamment mature pour gérer seul·e ses émotions. Un câlin tout doux, enveloppant, contenant, peut l’aider à vivre son émotion et lui apprend à mieux gérer ce type de situation. Une fois toutes les parties du cerveau reconnectées, il sera alors temps de regarder les choses objectivement et de gérer la situation dans le calme. Ce qui est beaucoup plus agréable et facile !

Câliner avec les yeux

Il n’est pas toujours facile de câliner une personne en crise par le toucher, surtout si elle est très stressée ou en colère ! Un regard tendre, chaleureux, bienveillant peut suffire et permettre la sécrétion d’ocytocine nécessaire au retour au calme. Au contraire, froncer les sourcils peut amplifier le stress. Un regard chaleureux, c’est un regard qui dit : « Je suis là avec toi, tu es important·e pour moi, je t’aime. »

S’auto-câliner

Nous n’avons pas toujours une personne disponible pour nous faire un câlin, ou parfois, il faut attendre. Dans ces cas là, il est possible de s’auto-câliner, avec nos propres bras, un châle, un plaid ou nos vêtements. Ce qui compte, c’est de se sentir contenu·e et de se servir de ce contact pour revenir consciemment à notre corps et à l’ici et maintenant.

Et comme un câlin, ça fait du bien à chaque participant·e, ne nous privons pas d’en demander ou d’en proposer à nos proches ou moins proches !

Photo : Ricardo MoraleidaCertains droits réservés
Image : je ne sais pas qui a créé cette image, merci de me faire signe si vous savez, pour que je puisse mettre les crédits.

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