Les racines de la violence sont multiples

Une amie m’a fait passer le lien d’un texte écrit par Alice Miller au lendemain des attentats du 11 septembre : Les racines de l’horreur dans le berceau. Je l’écrivais il y a quelques mois : la peur de l’autre et la haine se construisent surtout dans les violences subies dans l’enfance, quelles soient flagrantes ou plus ordinaires, et les violences ouvrent la porte aux discours et actions fondamentalistes et extrémistes. Depuis 14 ans, les mouvements de parentalité positive et d’éducation sans violence s’étoffent, de nombreuses actions sont menées dans les écoles  et les propos d’Alice Miller sont confirmés par les études menées en neurosciences affectives et sociales : sa conclusion est toujours d’actualité.

Le mal n’est pas inné. Or, il est produit tous les jours, à chaque moment, sans arrêt dans le monde entier. Chaque nouveau-né vient au monde innocent, sans besoin de détruire. Malheureusement, ce sont les parents qui créent ce besoin par leur recours à la violence. Seule une loi peut les aider à y renoncer.

Accompagner nos enfants dans leurs émotions, les aider à les mettre en mots, respecter et nourrir leurs besoins tout autant que les nôtres, c’est utile et important. Pour autant, tout ne repose pas sur les seules épaules des parents ou des enseignants et envisager les choses d’un point de vue systémique l’est tout autant. Ainsi on peut comprendre que des situations de contrainte, de pression, d’ingérence ou de bouc-emissaire, impactent directement le comportement les personnes qui vivent ces situations. Je peux le vérifier à mon niveau, dans les situations que je rencontre quotidiennement dans ma vie privée ou professionnelle, mais cela se vérifie à plus grande échelle encore. Charles Rojzman, écrivain et fondateur de la Thérapie Sociale et Zaïr Kedadouche, Haut fonctionnaire, Président de l’association Intégration France écrivaient en janvier dernier dans leur article La laïcité n’est pas négociable :

Jamais depuis l’existence du modèle scolaire républicain, le déterminisme social n’a autant joué que depuis ces dix dernières années. (…) Aujourd’hui, quelques jours après… Il n’est plus temps de pleurer, de déplorer. Il faut guérir et mieux encore fabriquer du futur. La réponse doit d’abord être politique. (…)

Pour nombre de citoyens, en particulier ceux qui se voient exclus, plus rien ne peut exister sans une foi même la plus archaïque alors que dans un pays démocratique, la liberté de conscience, celle de croire ou ne pas croire en Dieu est une liberté essentielle au regard de certains pays où la religion est une obligation.

Les racines de la violence sont multiples. A l’heure où nous parlons de fraternité et de démocratie, nous pouvons nous donner les moyen des les vivre et nous lever contre la violence, lutter contre toute discrimination ou harcèlement, et ce à la maison, à l’école, au travail et jusqu’à des niveaux politiques.

Edith Fortin Muet

Photo : Pierre GuinoiseauCertains droits réservés

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