Not afraid ?

Il y a quelques jours, trois personnes en ont assassiné douze autres, douze représentants de la démocratie et de la liberté. J’ai peur. J’ai peur que de telles choses se reproduisent ici, en France. J’ai surtout peur de voir se renforcer une réponse sécuritaire, car finalement, il n’existe pas de protection absolue contre de tels actes, et je suis convaincue que les résistances les plus efficaces sont de ne lâcher ni sur nos libertés ni sur notre humanité.

Le cercle infernal de l’agressivité

Les peurs, les colères et émotions non exprimées, non reconnues surgissent immanquablement sous forme de jugements. Et les jugements forment le terreau de la rancœur et de l’agressivité. Inimitié et répulsion apparaissent alors, et nous n’avons plus qu’une envie, nous débarrasser de ce quelque chose, de cette personne, de cet autre, source de notre mal être, de notre haine. « C’est sûr, s’il n’était pas là, qu’est-ce que je me sentirais mieux, comme ma vie serait plus belle et plus agréable ! », nous disons-nous.

Une question d’idéal ?

En effet, peut-être, si cet autre n’était plus là, le monde serait-il parfait, au moins pour moi, au moins pour un instant. Là où nous nous trompons c’est que cet idéal de bonheur et de perfection n’est finalement que le notre et dans la mesure où chacun a le sien propre, et tend à le réaliser, tenter d’imposer notre idéal du monde ne nous conduirait qu’à l’échec. Le monde est complexe.

Et si nous allions sur la colline de l’autre ?

Et si nous écoutions son idéal, et si nous voyions le monde par ses yeux ? Nous réaliserions que comme nous, il ressent la peur, la colère, la tristesse, la honte et la joie. Comme nous, il a besoin de se sentir utile et puissant, de donner un sens à sa vie et de se sentir appartenir. Nous réaliserions que la peur de l’autre et la haine se construisent surtout dans les violences subies dans l’enfance, quelles soient flagrantes ou plus ordinaires, et que les violences ouvrent la porte aux discours et actions fondamentalistes et extrémistes.

Soyons conscients de nos jugements.

Écoutons-les. Osons écouter nos peurs, celles qui se cachent dessous… et écoutons nos besoins. Nous serons alors plus disposés à rencontrer cet autre qui nous semblait si… si quoi, déjà ? Dès lors que nous reconnaissons qu’il existe, qu’il est là, nous nous connaissons mieux, nous n’avons plus peur et nous pouvons envisager de construire ensemble notre monde, sans perdre notre identité propre. Nous n’avons plus peur.

Enrayer la spirale de l’agressivité.

Pour enrayer cette spirale, je fais de mon mieux pour accompagner mes enfants et interagir avec mon entourage sans violence (ni pour moi, ni pour eux), et j’accompagne ceux qui sont dans cette démarche.

Et vous que faites-vous au quotidien pour enrayer cette spirale ? Laissez en commentaire les initiatives que vous prenez au jour le jour.

Edith Fortin Muet

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