Sécurité intérieure

Nous admirons les personnes qui ont confiance en elles, pourtant, la confiance en soi, ça n’existe pas. Disons plutôt qu’il s’agit d’un mot valise et qu’il y a plusieurs façons d’avoir confiance en soi.

La sécurité intérieure, c’est quoi ?

Notre sécurité intérieure, c’est un peu comme notre confiance « de base ».  C’est d’abord une sensation très physique : celle où nous nous sentons bien posé·es, installé·es dans notre bassin, notre « base ». Nous la construisons surtout jusqu’à 18 mois dans le contact intime avec nos parents, pendant que nous sommes encore en symbiose et dépendant·es : toucher doux et enveloppant, regard attentif et chaleureux, présence et baisers tendres. Bref, toutes les manifestations d’amour inconditionnel et d’intimité.

Le contact, oui, mais comment ?

L’haptonomie, « art du toucher » développé par Frans Veldman, chercheur néerlandais en sciences de la vie et promu par Catherine Dolto-Tollicht, peut être un allié précieux. Le mot a été créé à partir des mots grec haptein qui signifie toucher, y compris dans le sens affectif d’unir ou de créer une relation, et nomos qui désigne, les lois, mais aussi la mesure. En thérapie, il permet de restaurer la sécurité de base des adultes. Il peut aussi s’apprendre pendant la grossesse dans le cadre des séances de préparation à l’accouchement. Les parents pourront alors poursuivre avec leur enfant cette relation « sensitive » commencée in utero, voire intégrer ce toucher spécifique dans leur relation de couple. Car il s’agit essentiellement d’accueillir la l’autre par le contact, et de lui offrir par cet accueil, la sensation de sécurité physique et affective qui lui permettra de s’ouvrir sans crainte, comme le nouveau-né, soutenu depuis sa base.

Comment accompagner mon enfant ?

La sécurité intérieure ne se donne pas. Elle est naturelle quand les besoins de l’enfant sont satisfaits. Nous pouvons l’accompagner, mais il s’agit davantage de ne pas la briser, et d’aider l’enfant à sentir son propre pouvoir. Il suffit de quelques minutes pour qu’un·e enfant soit terrorisé·e si personne ne répond à ses appels, à ses pleurs. En répondant à ses appels, nous lui montrons que nous sommes là pour prendre soin de lui·elle et que ses besoins sont importants. Un·e enfant·e qui n’a pas reçu cette sécurité, ce contact de base peut chercher à être constamment en contact ou en avoir peur et l’éviter. Contact peau à peau, portage, cododo et allaitement facilitent l’intégration le la sécurité de base. En complément de ce contact intime, nous pouvons, par nos mots et notre attitude, lui permettre de sentir que nous l’aimons, qu’il·elle a le droit d’exister, qu’il·elle est à sa place, qu’il·elle est important·e pour nous et qu’il·elle est le·la bienvenue dans notre famille.

Tout se joue-t-il avant 18 mois ?

Notre attitude envers notre enfant pendant ses premiers mois de vie peut l’impacter durablement. Gardons toutefois en tête que nous faisons de notre mieux à chaque instant et que ce besoin de contact et d’intimité perdure tout au long de notre vie : si notre enfant en a manqué à un moment dans sa vie, nous pouvons toujours nourrir ce besoin aujourd’hui ! Si nous en avons nous-même manqué, nous pouvons le nourrir en faisant des demandes à notre partenaire ou à une personne proche : 20 secondes de contact intime et bienveillant suffisent à inonder notre cerveau d’ocytocine. Chaque contact chaleureux facilite le suivant et nous nourrit de manière de plus en plus satisfaisante : baisers profonds, câlins enveloppants ou simplement présence attentive dans le regard peuvent être pratiqués sans modération !

Édith Fortin Muet

Photo : Anyul Rivas – Certains droits réservés

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