Sortir (enfin) du déni

Après la «liberté d’importuner», celle de corriger ?

C’est le titre de la tribune publiée le 15 février 2018, suite à la une de Libération du 7 février sur l’éducation non violente.

Libération nous donnait à lire des articles tels que Éduquer sans punir, le graal de parents dépassés, ou Être bienveillant, cela va de soi, mais…

Quelques conseils plus tard, elle finit par découvrir l’existence des cycles de «parentalité positive» organisés par les leaders du mouvement et leurs proches disciples : des stages pour des parents légèrement dépassés ou anxieux, prêts à bannir les cris et les grosses punitions envers leur progéniture pour adopter un modèle éducatif «bienveillant» (ou «permissif» selon les points de vue).


En France, des parents font des stages pour apprendre à être «comme il faut». N’est-ce pas un peu fou ?

Deux spots pour lutter contre les VEO

Cette une fait suite au lancement de la Fondation pour l’Enfance de la campagne Frapper ou crier sur son enfant, c’est le marquer pour longtemps ! qui a pour but de prévenir les Violences Éducatives Ordinaires (VEO).

Les violences éducatives ordinaires sont des violences encore très majoritairement considérées comme légitimes par les français, sous prétexte d’éducation : fessée, claque, tape, mais aussi menace, humiliation, chantage affectif, etc.

Le bon sens et l’instinct ne suffisent pas

Les articles de libération traitaient avec mépris les efforts des parents et éducateur·trices en vue de sortir de ces violences si ancrées dans notre culture.

Il suffirait de se faire confiance, peut-on lire dans l’éditorial. Ou peut-être se fier au «bon sens» ou à son «instinct» ? Malheureusement, les mécanismes de la violence éducative sont la plupart du temps si profondément enracinés que le bon sens des parents ou leur instinct pourraient bien être les pires ennemis des enfants et se faire confiance se révéler insuffisant.

Abolir les châtiments corporels et les humiliations

Il est urgent de sortir, enfin, du déni de ces violences moins visibles car banalisées. Les agressions sexuelles et les violences infligées ordinairement aux femmes ne sont que la partie visible, récemment mise en lumière, de l’immense iceberg des violences exercées à l’encontre des plus vulnérables.

Une pétition est ouverte pour sortir de ce déni et cesser de nous faire complices des violences faites aux enfants.

Avec les signataires de cette pétition, j’appelle le gouvernement à enfin légiférer pour que toute violence envers les enfants, tout châtiment, toute humiliation ou punition corporelle soient abolis, et qu’enfin notre pays protège les enfants au même titre que les adultes. Dans ce cadre, tous les parents devront pouvoir bénéficier d’un soutien pour éduquer leurs enfants dans le respect de leur intégrité.

Développer et faciliter le soutien à la parentalité

S’il est facile pour certains parents d’interagir sans violence avec leurs enfants, ce n’est pas le cas pour tous·tes. Certain·es ont décidé d’agir pour changer leurs manières de faire. Certain·es participent à des groupes de parole ou à des ateliers, non pas pour devenir des parents parfaits, mais pour partager et expérimenter des outils concrets et adaptés aux réalités des familles. Ces rencontres permettent de créer une dynamique bien-traitante et respectueuse des besoins des enfants comme des parents. chacun·e.

Les changement sociaux sont en marche !

Photo : Caleb JonesUnsplash

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