Stress et violence à l’école

Quand je suis fatigué·e, frustré·e, que j’entends des cris trop forts pour moi, je suis sous stress. Le stress, c’est une réaction physiologique d’adaptation à l’environnement. Tout ce qui fait peur, humilie, offense ou atteint l’intégrité physique génère du stress. Face à toute stimulation, l’amygdale cérébrale sonne l’alarme et déclenche la sécrétion des hormones de stress. Je suis en alerte, mon cœur bat plus vite, je mobilise mes muscles et je me prépare à fuir ou à me battre. Si je ne peux pas, je me fige. Sur-stimulation et sous-stimulation peuvent générer de la souffrance dans mon cerveau.

Je suis capable de gérer une certaine dose de stress et de revenir à la normale. mais quand les situations de stress sont trop fréquentes, les conséquences peuvent être plus importantes, jusqu’à perturber mon système immunitaire.

Le stress inhibe la production d’ocytocine et de dopamine, et limite voire empêche les apprentissages, l’empathie, la coopération… et engendre des attitudes violentes. Il touche plus particulièrement les enfants dont le cerveau frontal encore immature ne dispose pas d’un système de régulation fonctionnel.

Nous ne pouvons pas empêcher les enfants ou les personnes de vivre des situations de stress. Les stresser d’avantage (notes, punitions, time-out, trop ou pas assez de stimulations, etc.) ne ferait qu’aggraver la situation en générant plus de stress encore : c’est de la violence.

Nous pouvons proposer un cadre où chacun·e se sente en sécurité et puisse exercer du pouvoir sur les situations qu’il·elle vit, nous pouvons apprendre à gérer notre stress et aider les élèves à gérer le leur et à développer leur cerveau frontal : nous pouvons les aider à mettre des mots sur ce qui se passe, sur ce qu’ils·elles vivent. Par notre attitude bienveillante, notre regard chaleureux, nous pouvons les accueillir, sans jugement. En faisant cela, nous nous sentons moins démuni·es, nous retrouvons du pouvoir sur la situation, et notre propre stress diminue.

Encart paru dans le magazine Non-Violence actualité* n°344 Violences : un cas d’école pour accompagner l’article Nicolas Bestard de l’association Envies-Enjeux

*Le Tribunal de Grande Instance a prononcé la liquidation judiciaire de l’association Non-Violence Actualité le 20 octobre 2016. Cette association faisait fait collaborer des militants de terrain, des pédagogues et des chercheurs depuis 1973.

Photo : Scott WebbUnsplash

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