Voulons-nous des adultes obéissants ? – La punition


 Qu’est-ce qu’une punition ?

C’est une réponse à une attitude considérée comme répréhensible, immorale ou déplacée.

Le Larousse nous indique : « 1-Action de punir, d’infliger un châtiment, une peine ; ce châtiment, cette peine : La punition des coupables. Punitions corporelles. 2-Peine infligée pour un manquement au règlement, en particulier à un élève, à un militaire : Comme punition il a eu une heure de colle.

Il s’agit d’imposer quelque chose de désagréable à une personne, ou à la priver de quelque chose d’agréable dans le but de la rappeler à l’ordre et de la dissuader de conserver ce type d’attitude. Une punition peut prendre toutes sortes de formes, de la plus violente à la plus anodine (du moins, en apparence).

Une demande de réparation, si elle n’est pas adaptée au développement de l’enfant se transforme vite en punition, surtout si elle n’est pas librement consentie !

La roue de secours

Pas de fessée, pourquoi pas. Mais sans punition, comment lui faire comprendre que son comportement n’est pas acceptable ? Nous nous sentons parfois bien démuni-e-s et nous gardons la punition sous le coude, au cas où il n’y aurait pas d’autre solution. Le problème, c’est qu’en gardant cette roue de secours, nous restons dans l’idée que l’enfant est « naturellement mauvais » et que notre rôle de parent, c’est de le modeler de manière à ce qu’il soit conforme à nos attentes.

Nous oublions que nous pouvons aussi le voir comme une plante. Une plante qui a besoin d’eau et de soleil pour grandir et s’épanouir. Or priver une plante d’eau et la « mettre au coin » de l’aide pas à se développer harmonieusement !

Comment fonctionnent les punitions ?

Privation d’écran, de dessert, ajout d’une corvée ou gifle, les adultes tirent leur pouvoir de la dépendance de l’enfant en satisfaisant son besoin sous condition ou en le gênant, voire en le faisant souffrir. C’est l’adulte qui choisit (souvent pour son propre confort) et induit une motivation externe qui rend l’enfant dépendant de l’adulte : l’enfant apprend à obéir à toute forme d’autorité plutôt que de suivre son élan naturel à contribuer et coopérer.

Ce pouvoir est basé sur une relation inégale et les adultes peuvent perdre ce pouvoir à mesure que l’enfant grandit et devient autonome.

Les conséquences relationnelles

D’abord on prive de bonbons, puis d’écran, de sorties, d’argent de poche…  mais l’enfant finira bien par voler de ses propres ailes et nous n’aurons alors plus de pouvoir sur lui.

Ce type de relation est instable et temporaire. Il peut engendrer révolte, soumission, mal-être et / ou conduites à risque. L’adulte peut se sentir menacé-e (devant le risque de révolte, notamment), d’autant que quand l’enfant grandit, l’adulte finit par se retrouver à court de punitions.

Les punitions contribuent à éloignement les enfants des adultes et prennent du temps : l’adulte peut être fatigué-e de « jouer au gendarme »… et les enfants sont de moins en moins enclins à contribuer.

La punition peut-elle avoir une valeur éducative ?

De nombreuses recherches ont démontré les effets nocifs des punitions quelles qu’elles soient. Les châtiments corporels, s’ils soulagent parfois le parent, peuvent aussi entraîner des blessures sérieuses. Les punitions dites « légères » ne dissuadent pas le comportement « problématique » mais le renforcent en attirant l’attention sur ce comportement et en générant une (ré)action.

Les punitions sont des motivations externes qui invitent les enfants à agir davantage pour éviter la punition que pour réaliser l’action elle-même. Elles freinent de fait leur capacité à faire des choix.

Quelles qu’elles soient, les punitions augmentent le stress,  altèrent la santé de l’enfant, augmentent les risques d’accident et génèrent flatteries et rivalités. Elles sont source d’agressivité et de violence parce que l’enfant est ainsi invité-e à suivre l’exemple de l’adulte en « punissant à son tour » et parce qu’il est privé de la satisfaction de ses besoins fondamentaux, notamment du plaisir de coopérer, et de la joie d’être reconnu-e comme une personne responsable, capable de faire des choix.

Au final, que voulons-nous pour nos enfants ?


Photo : Julien B.  – Certains droits réservés

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